Les Relations

Après lecture de Pourquoi partent les hommes, de John W. Travis je me suis dit qu’il fallait absolument que je vous le partage.

Ce texte parle de la reproduction de schémas limitants.

Isabelle Filliozat parle de « boucles rétroactives » dans son livre « Les autres et moi« , dont voici des extraits (fin de chaque chapitre) :

1. Tout se joue dans les premiers instants d’une rencontre. Attitude, voix, geste, regard, tout a son importance et envoie des signaux à l’interlocuteur. Pourquoi laisser ces précieuses minutes à la libre disposition de l’inconscient qui en profite pour nous inviter à rejouer sans cesse les mêmes scenarri relationnels ?
Dans les relations humaines, inutile d’accuser autrui, tout est système et boucles rétroactives. Nos croyances, ou a priori, jouent un rôle primordial dans notre manière d’aborder autrui. En prenant conscience de notre part de responsabilité, et en modifiant les paramètres de notre attitude à autrui, notre distance proxémique ou notre poignée de main, nous pouvons changer le regard des autres sur nous et donc nos relations.
Cessons d’être objets dans nos relations. Devenons sujets. Apprenons à nous centrer sur nous-mêmes ou sur les autres à bon escient et non en guise de protection ou pour prendre le pouvoir sur autrui. Maîtriser sa communication, c’est si simple. Il suffit d’un court temps de pré-contact : regarder, respirer, pour laisser nos neurones miroir se synchroniser et diriger notre expression.
Un regard, un sourire, un mot ne sont jamais superflus, ils sont autant de gestes d’hygiène sociale. Mettre un peu conscience dans nos rapports quotidiens aux gens que nous croisons peut changer notre vie et celle des autres.

2. La recherche de sécurité est mauvaise conseillère. Elle mène à préférer le conformisme à la liberté, à préférer les habitudes à l’amour. Elle nous place donc en objet plus qu’en sujet. Elle nous mène à jouer des jeux de dominant/dominé pour mieux contrôler autrui autant que ses propres émotions et éviter ainsi de prendre des risques. Nombre de nos relations sont de dépendance ou de contre-dépendance. Des relations dans lesquelles nous nous vivons comme victimes des autres ou de la fatalité. La relation mature qu’est l’interdépendance nécessite de s’assumer comme sujet, responsable de ce qui se passe.
La relation est tout un art et nécessite de désapprendre nos automatismes, de sortir de nos habitudes et d’oser avancer vers l’autre dans l’insécurité ; Au lieu à assurer notre propre sécurité, nous serions bien avisés de chercher plutôt à sécuriser les autres. Notre quotidien en serait transformer.
Nous sommes tous en quête d’existence et de reconnaissance. Parce ce que nous n’osons pas être simplement nous-mêmes, nous allons extorquer des signes de reconnaissance en mettant des masques et en déguisant nos sentiments. Pour nous rapprocher, exerçons-nous à trouver des points communs qui nous donnent le sentiment d’appartenir à un même groupe, nous fournissent une base de conversation ainsi que des points de divergence pour apprendre les uns des autres. Mais surtout, osons ÊTRE, sans toujours chercher à PARAÎTRE.
Nous avons tous besoin d’amour. Nous, et les autres aussi !

3. Un compliment, un sourire, un ami qui nus enlace avec joie sont des signes de reconnaissance… nous avons été habitués à croire que ce ne sont que de petites choses insignifiantes. En réalité il s’agit de ce qui fait le sens de la vie et même nous maintient en bonne santé !
Nous avons absolument besoin de contacts sociaux variés. Amis, famille, copains, collègues, clubs et associations, la diversité des contacts est une richesse.

4. La pierre à se faire des amis
Nathan était rejeté à l’école. De toute l’année précédente, il n’avait eu aucun ami. En cette veille de rentrée, il était terrorisé. Je lui confiai une «pierre à se faire des amis». «Tu vois, le grenat est dans sa gangue. La gangue n’est pas très jolie, c’est de la pierre grise, elle a été un peu taillée alors on voit une partie du grenat. C’est une belle pierre rouge… mais quand elle est complètement dans sa gangue on ne voit pas qu’elle est précieuse et belle. Cette pierre est magique. Quand tu la portes sur toi, les autres ne voient plus ton apparence, mais ta beauté intérieure, tes qualités profondes. Comme tu as un peu peur de la réaction des autres à ton égard, souvent, tu ne les regardes pas, tu baisses les yeux, tu te fermes. Parce que tu as peur, tu es tendu. Les autres voient cela. Ils te voient tendu, fermé, qui ne les accueilles pas. Alors ils ont tendance à te juger. Quand tu auras la pierre dans ta poche, tu vas voir, ils ne s’arrêteront plus à la gangue, à ton apparence, il verront le grenat à l’intérieur de toi. La pierre à se faire des amis te permettra à toi aussi de voir le grenat chez les autres. Toi aussi, parfois, tu ne vois que ce que les autres te montrent, tu ne vois que leur gangue. Grâce à la pierre, tu vas voir ce qu’ils ont de précieux à l’intérieur.»

Nathan a glissé dans sa poche la petite pierre d’un air complice. Dès le premier jour, il s’est fait cinq copains. Il n’en revenait pas ! Bien sûr, la pierre n’avait de magique que le pouvoir que Nathan lui prêtait. La conscience d’avoir ce grenat dans sa poche lui a permis de se rappeler d’ouvrir les yeux. Il avait moins peur parce qu’il se disait que les autres ne le jugeaient pas mais voyaient la beauté à l’intérieur de lui, même si lui n’en avait pas conscience.
Et si vous gardiez une petite pierre dans votre poche pour vous rappeler que chacun a une pierre précieuse à l’intérieur de lui, même si cela ne se voit pas…

5. Comment continuer de se sentir appartenir au groupe tout en étant soi ? Tout au long de notre existence, nous luttons pour satisfaire deux profonds besoins : se séparer, se différencier, s’individuer tout en évitant la solitude, et se sentir appartenir sans être dans la fusion. La socialisation est une longue histoire oscillant entre ces deux pôles, ces deux besoins contradictoires.
Un code culturel n’est pas universel. Nos coutumes ne sont que des coutumes, des habitudes de notre groupe social. Elles sont des conventions utiles pour le vivre-ensemble au sein du groupe, elles sont des outils sociaux, elles ne sont que cela. Elles ne sont pas des vérités. Et nous ne risquons pas de brûler en enfer si nous ne les respectons pas.
Les lois de la relation, elles, sont universelles et si nous ne les respectons pas, notre vie pourrait bien devenir un enfer. Parmi ces lois, vraies pour toute l’espèce humaine, la loi de réciprocité.

6. À la question d’un journaliste : «Que pensez-vous de la civilisation occidentale ?» le Mahatma Gandhi avait songé un instant, puis répondu : «Ce serait une bonne idée.»
Et si nous y réfléchissions ? Et si nous commencions à douter de notre «bonne éducation» et à en observer les conséquences ? Dans notre société, donner est volontiers présenté comme «bien», refuser et même demander sont, eux, connotés comme «mal». pourtant si un don peut effectivement construire le lien, il peut aussi dévaloriser. Un cadeau peut illuminer la relation ou être une manifestation de domination. Interdire le refus permet d’installer la domination. Donner la permission aux autres de refuser, c’est leur donner de la liberté, les respecter dans leurs droits. Demander peut être vécu comme humiliant, mais c’est aussi sortir de l’humiliation et créer du lien. Rien n’est ni tout blanc, ni tout noir. La vie est complexe et ne peut se réduire à quelques poncifs «Tiens-toi comme ci ou comme ça». on peut faire mal à autrui en se croyant du côté du bien. Nos bonnes intentions ne sont pas forcément très civiles en ce sens qu’elles ne sont pas forcément respectueuses des sentiments et des besoins d’autrui ! Il arrive que les bonnes intentions des autres maltraitent nos sentiments…
donner, demander, recevoir, refuser, sont les verbes de la relation. La manière dont nous les conjuguons fait l’harmonie ou la disharmonie de nos échanges avec autrui.

7. Sommes-nous celui que nous croyons être ? Oui, peut-être.et nous pouvons aussi avoir des comportements «qui ne nous ressemblent pas» dans certaines circonstances. Parfois, nous pouvons supposer que c’est alors notre «réalité» qui apparaît, car une croyance communément admise dit que l’on se révèle dans les situations difficiles. En réalité, la psychologie sociale nous montre que les ressorts psychosociaux sont souvent plus puissants que les ressorts intrapsychiques. Le contexte, la situation, peuvent être plus déterminants sur nos comportements que nos pensées nos valeurs, notre personnalité. Les expériences de psychologie sociale nous prouvent que personnes n’est ni bon ni mauvais intrinsèquement, et que les phénomènes sociaux nous dirigent bien plus que nous n’osons l’imaginer. Il est plus facile de condamner une personne, que de de remettre en cause le système dans lequel elle a été placée. Pourtant, les expériences de psychologie sociale montrent que, mis dans les mêmes conditions, malgré nos convictions, «Moi, j’aurais fait autrement», la probabilité est grande que nous nous comportions comme nous le réprouvons. Le contexte nous dirige plus que nous ne le pensons. La constatation est terrifiante dans ses implications, elle a aussi des avantages. Si nous ne sommes pas celui que nous aimerions être, peut-être est-ce lié au contexte ?

8.  L’intelligence/inter legere de nos émotions, l’intelligence des motivations de nos comportements, nous permettent de développer l’intelligence de l’émotion de l’autre, l’intelligence des motivations de ses comportements et donc l’intelligence des boucles rétroactives qui dirigent nos relations. Plus nous identifions les mécanismes psychiques qui nous animent, plus nous sommes capables de les identifier aussi chez les autres, de quitter le jugement au profit de l’empathie. Peu à peu s’élabore en nous la conscience de l’interactivité. Nous n’agissons pas, nous interagissons. Nous ne sommes pas, nous inter-sommes. Si la société, le contexte, les autres, ont du pouvoir sur nous, nous en avons aussi sur autrui. Une fois récupéré le volant de notre vie, nous pouvons nous diriger vers l’accomplissement de nos valeurs et prendre conscience du pouvoir que nous sommes susceptibles d’exercer sur autrui.

Conclusion.
Chaque humain sur terre a un message à nous délivrer, parce que chaque humain a emprunté un autre chemin que nous, a exploré une autre route. Chacun a son histoire, ses émotions, son vécu, ses pensées, son parcours. Partager nos expériences, notre vision de la vie, nos pensées et nos émotions, nous rend plus riches et plus intelligents. Et puis, nous l’avons vu, le simple fait d’augmenter nos contacts avec autrui, donc notre nombre de stimulations sociales, accroît les sentiments de félicité et de confiance en soi et en la vie, et nous maintient en meilleure santé tant physique de psychologique.
Augmenter nos compétences sociales nous permettra d’être plus heureuses et plus libres. Ne pas se sentir responsable, vivre en dépendance des autres et des situations confère un illusoire sentiment de sécurité, mais fait en réalité le lit de la peur et ne nous mène pas vers le bonheur. Exercer nos compétences, donner et recevoir, créer du lien et prendre notre place dans la société nous rendra sûrement plus heureux. Nous pouvons, au quotidien, sortir de la position d’objet et devenir sujet, chaque jour un peu plus. Chaque personnes est importante et unique.

Étant en pleine redirection de mes objectifs de vie et de ce vers quoi je veux porter mon attention, je ne fais que citer ces quelques sources qui m’inspirent, et vous les partager en espérant qu’elles vous inspirent aussi.

Tout ceci en attendant un article plus personnel et développé à propos des relations, de l’interaction entre l’égo et l’environnement.

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