De l’Écriture à l’Autonomie

Bien conscient que je ne verrai pas le monde idéal que j’ai en tête, je pense tout de même faire ma part durant le laps de temps que je vivrais dans notre maison commune, notre belle planète.
Je ne le fais plus et ne le ferai pas par culpabilité, mais plutôt par responsabilité et désir de m’émanciper.

Il fût un temps où je ne réfléchissais pas à comment je vivais, je suivais les instructions de mes parents, proches, famille, amis, figures d’autorité, «enseignants», professeurs, médias, aux «informations» de 20h autour d’un repas où toute la famille écoutait religieusement la messe dite à la populace… maintenant il est possible d’être «informé» 24/7…

Attention au « syndrome du mauvais monde » ! Critique de la télévision
J’ai décidé depuis quelques années de choisir les informations qui me nourriraient le cerveau, d’être dans une démarche active et non passive de ce qui rentrerait dans mon système de pensée, dans ce qui influencerait ma vision du monde au quotidien.

J’apprends tous les jours à me remettre en question, parfois trop il me semble, mais je fais en sorte de prendre du recul sur les messages que j’ai intégré durant toute cette période où j’étais passif, suiveur, confiant en la croyance que l’extérieur… mon environnement… avait une réponse toute faîte sur la manière dont je devais mener ma vie.

Et puis il est arrivé un moment, en dehors du foyer familial, où j’ai pu prendre conscience que je pouvais vivre autrement… D’abord il y eût l’étape remise en question totale et globale avec un visionnage intensif de documentaires et vidéos, et beaucoup de lecture à propos d’une foule de domaines et de réflexions nouvelle : sur la philosophie, l’écologie, l’économie, la «politique» et le «pouvoir», la spiritualité… voir les références en bas de la page
Parfois sur un ton complotiste ou culpabilisant, toujours subversif, ce fût la partie théorique de ma nouvelle vie-sion… j’ai cru pouvoir atteindre l’éveil, toucher la Vérité. Je comprends à présent qu’il ne s’agissait que d’un chamboulement «neuronal», de reprogrammation (diront certains), d’un passage à l’ère adulte émancipé et autonome… mais pas évident de passer à la pratique et de trouver comment se positionner dans ce monde dichotomique, avec toutes ces infos parfois discordantes.

Je me suis dirigé vers la pratique à tâtons : visite de collectifs et communautés alternatives, vivant «isolés» ou en connexion avec le monde «conventionnel»… en France, en Espagne, en Inde, en Angleterre par le biais du wwoofing notamment, des liens se sont créés et perdurent. D’autres expériences m’ont été données de vivre avec des amis en France, en Asie et jusqu’en Scandinavie qui ont également ouvert ma vision.

Je remercie au passage toutes ces personnes, qu’elles soient des relations de passage ou de longue date, pour avoir été à mes côtés durant ces bouts d’existence. Je ne pense pas que ce soit un privilège, chacun-e peut vivre de telles expériences.
Dès lors que l’on va vers une zone inconnue de ce qui compose d’habitude notre quotidien, la vision s’élargit.

Je m’aperçois également que cette vision s’entretient. Pour ma part si je ne suis pas vigilant et ne porte pas suffisamment mon attention à mes pensées, mon jugement, mes actes alors mes conditionnements ressurgissent, je revis les mêmes choses, je retourne au rôle que l’on m’a donné et que j’ai accepté, aux accords passés, je me sens sclérosé et sans vitalité… certains parlent de «zombie», je préfère utiliser l’expression «sans vivance» de Jacques Salomé.

L’étape suivante fût tout aussi compliquée et pleine de détours : pouvoir allier mes valeurs (toujours en définition), mes idéaux ou attentes, mes envies (parfois compulsives, saines, réparatrices, constructives ou destructives, toujours en mouvement) avec la manière de les exprimer dans le monde extérieur.
le détour

Cette alliance et cet élan vers une cohérence entre intérieur (être vivant-pensant-sentient-apprenant-aimant-accueillant-donnant-déduisant…) et extérieur (être vivant-exprimant-agissant-créant-enseignant-écoutant-reproduisant-social-individuel…) m’apparaît de plus en plus présente, notamment grâce à l’aide d’amis, de proches (je ne vous cite pas mais vous vous reconnaîtrez, merci du fond du cœur pour votre présence, votre attention, votre influence, votre sincérité. Merci à l’opportunité qu’il nous a été offerte, et que nous avons saisie, de nous connaître).

Pouvoir exprimer et créer une façon de vivre juste pour moi et les autres.
Sans porter de jugement de bien ou de mal à ce qui est, en dehors ou au dedans.
Voir ce qui est, comme étant en accord ou non avec moi, avec mon ressenti. Être attentif à la façon dont je veux mener ma vie, ici et maintenant, en restant ouvert sans pour autant tout accepter, en ne réagissant pas à ce qui semble im-moral ou mal-bien-faisant.

Réagir dans le temps, porter un jugement continu et arrêté sur un événement quel qu’il soit, qu’il ait lieu à distance, par l’intermédiaire de média ou qu’il survienne près de moi ne me convient pas. Car une fois l’événement passé je n’ai plus moyen de le changer.
Un exemple : Si je casse une tasse qui m’a été donné et qui a une «valeur sentimentale» sans possibilité de la recoller il me reste plusieurs choix :
ramasser les morceaux et les mettre dans un récipient pour continuer d’honorer cette «valeur sentimentale» qui m’est propre et subjective puisque personne d’autre ne ressentira cette attachement pour ces miettes,
les jeter et considérer l’impermanence et la finitude de toutes choses,
m’en vouloir et m’auto-flageller-punir pour cette tasse qui m’était chère car elle était associée pour moi à telle personne et tel souvenir,
m’apercevoir que ce souvenir lié à telle personne est toujours là et avoir de la gratitude envers cette tasse brisée pour avoir ramener à ma mémoire avec intensité et émotion toutes ces images-souvenirs-sensations passés dans mon être présent,
me dire qu’à présent je peux aussi accorder une valeur moins importante aux choses et diminuer mon envie de les posséder pour augmenter les moments avec ces êtres qui m’entourent, qui m’aiment, et que j’aime, avec qui je veux être lié, sincèrement et réellement dans l’instant présent.
… ce n’est qu’un exemple, je pense la même chose pour un événement retransmis, répété, commenté aux «actualités» ou bien d’un événement familial, etc.
Il s’agit simplement une façon de pondérer mes émotions face à une situation et l’interprétation que j’en fais.

«L’action fondée sur un principe, la perception et l’accomplissement de ce qui est juste, voilà qui change la face des choses et des relations ; elle est révolutionnaire par essence, elle n’a aucun précédent véritable. Elle ne sème pas seulement la division dans les États et les Églises, mais aussi dans les familles ; bien plus, elle divise l’individu, séparant en lui le diabolique du divin.»
David Henry Thoreau dans la Désobéissance Civile… pour ce qui des termes diabolique et divin à chacun-e son interprétation sur leurs significations

Tout ce que j’écris et lis là est une opportunité de mieux prendre conscience de ce vers quoi j’aspire à vivre à chaque instant. Tout ce que je vis me permet d’apprendre, j’apprends sans cesse à accepter mes émotions, les considérer sans jugement ni association d’idées, juste en portant mon attention aux sensations qu’elles produisent en moi et ensuite à l’appréciation de ma conscience : «est-ce que je veux re-sentir ceci ?», «est-ce agréable ou désagréable pour moi à ce moment présent ?», «que puis-je faire pour revivre ou ne plus revivre cette émotion ?», «concrètement, quelles sont les actions à mettre en place pour me sentir cohérent», «dois-je être en recherche pour ressentir cette émotion agréable ou dans le laisser-aller et le lâcher prise ?», «dois-je explorer toutes ces voies qui s’offrent à ma conscience pour trouver mon juste milieu ?».

«En cherchant à être, je n’étais pas. Et finalement en étant, je suis.»
peut être de Shakespeare… et t’inspires 😉

Comment accueillir une émotion ?

Aujourd’hui, à présent, à cet instant, en tapant sur les touches de ce clavier, en lisant les mots que je crée, en pensant aux personnes qui les lisent, aux personnes qui ont également écrit leurs pensées et qui m’ont inspirées, à celles que je n’ai pas lu, en ressentant toutes ces sensations, assis sur cette chaise, dans tout mon corps, dans ma bouche, dans mon champ de vision, aux rayons de soleil traversant la fenêtre, à toutes ces couleurs et ces matières que je reconnais, aux bruits des voitures et à leurs conducteurs dehors, aux personnes auxquelles je pense et que je ne reverrai plus ou que je verrai dans un temps plus ou moins long, à ces associations que je fais en posant mon regard sur chaque chose, mes mains, mon écran, aux bruits produits à chaque frappe du clavier, au fait que j’imagine quelle résonance cela a pour toi, vous, nous, dans le temps, aux choix de mes mots, à leurs significations, leurs histoires, leurs origines, leurs étymologies, au correcteur d’orthographe qui surligne de rouge chaque mot ne correspondant pas à ce qui a été établit par certaines personnes dans ce recueil de mots appelé «dictionnaire», à l’anticipation que je fais puis au retour de ma conscience dans l’instant présent, à cette sensation d’être vivant-pensant-sentient…, à cette intelligence artificielle créée par des êtres humains nommée OpenOffice Writer qui anticipe et propose des mots déjà écrits lorsque je commence à taper sur des lettres et créant un début de mot ressemblant suffisamment à ce que ce logiciel a répertorié, au fait que je vais mettre fin à cette écriture et à cette lecture quand je le déciderai, et même s’il me semble que cette interruption proviendra d’un événement extérieur (un évènement que je crée en imaginant que tout ces mots n’auront aucune importance, que la personne qui les lira, toi qui les lis pourrais penser que c’est nul, à mon auto-jugement par anticipation et conditionnement ; ou bien parce que j’ai prévu de voir une personne dans quelques heures ; ou parce que je ressens une sensation qui s’apparente à la faim et qu’il faudra que je m’arrête pour l’apaiser, etc.) en vérité elle ne proviendra que de moi et de mon libre-arbitre… Aujourd’hui, à présent, à cet instant, je prends conscience que chaque mouvement est un choix.

Tout ceci pour dire qu’en écrivant tout en pensant à l’impact que cela peut avoir sur une personne c’est comme lui exprimer directement ce message en véhiculant une portion de réalité, la mienne en l’occurrence, empreinte d’un sentiment. En insistant sur le fait que je ne suis qu’un passeur, comme tant d’autres, à travers l’écriture.

De l’écriture comme thérapie. De la gratitude à l’autonomie. En route vers la solidarité.

Les idées prennent place en étant exprimées, elles se font plus concrètes, en prise avec le réel, ainsi la construction du soi, de l’être s’épanouit. Tout ce qui sort, tous les non-dits, les «tabous» qui sont le fruit d’une association d’un jugement (culturel, personnel, religieux…) avec la forme prise par une expression (verbale, gestuelle…) lorsque cela est exprimé en conscience, avec sincérité et confiance créent une libération.

Lorsqu’on écrit ses pensées, ses convictions à destination de quelqu’un, dans le but de faire passer un message à une tierce personne cela produit le même effet qu’une discussion, que le fait de parler.

Écrire dans le but d’être lu, même si c’est pour les générations futures. S’exprimer à travers un art, une activité pour ne pas voir passer le temps. L’arrêter, le gagner… «Quand je joue, dit-il, la vie marque une pause et m’attend.»

Mon objectif étant d’écrire en un coup, c’est à dire sans devoir reformuler mes phrases, être le plus fluide et spontané possible, de la pensée à la touche en essayant de comprendre ce que je vie et en transmettant le relais… celui du virus qui se répand de l’Amour… avec le pouvoir des mots…

J’ai envie de remercier encore une fois cette sensation que je ressens en écrivant sur ce clavier et à tout ce que cela me renvoie à ce moment précis.

Voici quelques références inspirantes (du moins qui l’ont été pour moi) :
Ma Vie de Carl Gustav Jung pour l’ouverture d’esprit qu’il a eu et sa recherche sur l’inconscient
Earthlings de Shaun Monson sur l’industrie de la viande
L’argent dette de Paul Grignon pour comprendre ce qu’il y a derrière « l’argent »
Traité de la réforme de l’entendement de Baruch Spinoza sur le processus de la pensée et la compréhension
Ta vie sauvée enfin d’Alice Miller comprendre son passé (tumultueux en l’occurrence) pour en sortir
Volem rien foutre al païs de Pierre Carles sur les modes de vies alternatives
Mes inventions de Nikola Tesla une autobiographie concise, riche d’humilité montrant que le génie est accessible à tous
Autobiographie ou mes expériences de vérité de Mahatma Gandhi c’est clair, tout est dans le titre
Outliers de Malcolm Gladwell sur l’opportunité que certains ont saisi pour « réussir », l’introduction m’a marqué
The Element de Ken Robison sur comment trouver ce qui nous anime et pourquoi
La Belle Verte de Coline Serreau pour rêver réalité
Marley de Kevin Macdonald retraçant la vie d’un leader musical, passioné et pacifiste
Se libérer du connu de Jiddu Krishnamurti introspection dans la pensée,  parfois difficile, parfois évident, déroutant
– Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle sur la notion subjective du temps
Les sentiers de l’utopie d’Isabelle Fremeaux, John Jordan le récit d’un voyage au sein de différents collectifs hors normes prouvant qu’il existe d’autres manières d’aborder la vie
Illusions de Richard Bach un sublime roman renversant à propos d’un messie des temps modernes
Les 4 accords Toltèques de Don Miguel Ruiz une façon d’aborder le quotidien plus justement et sereinement, sans culpabilité
La médecine psychédélique d’Olivier Chambon à lire sans a priori, pour clarifier l’usage des substances psy
Le courage d’être soi de Jacques Salomé pour prendre du recul sur ses relations, pour être sincère avec soi et les autres
Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard alliance d’informations scientifiques et spirituelles pour comprendre que le bonheur se crée
Les autres et moi d’Isabelle Filliozat ou comment développer son intelligence social avec bienveillance
Libérez votre cerveau ! d’Idriss Aberkane pour comprendre simplement la neuroscience et ce qui ne semble pas forcément perceptible

http://pleindetrucs.fr de Damien Fauché un site riche sur comment vivre et être mieux
http://creer-une-meilleure-vie.com/ de Jean-Jacques Crèvecoeur un autre site riche sur comment vivre et être mieux
http://www.kaizen-magazine.com/le-temps-n-existe-pas/ un article parmi d’autres sous forme de bd, intéressant, pratique et accessible

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Note : J’ai également été influencé par d’autres domaines comme l’autosuggestion, la visualisation et le respirianisme. Je préfère ne pas mettre les références ici car mon intérêt et mon point de vue ont changé à leurs sujets. 😉

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